Dans les oreilles de Femi Kuti
Fils aîné du grand Fela, on imagine bien que Femi Kuti a grandi entouré de musique. Mais de quelle musique? N'a t'il jamais écouté que son père? Quel est le premier disque qu'il ait acheté? Quels sont ses artistes préférés? Autant de questions dont Isadora Dartial est allée chercher les réponses dans les oreilles même de Femi Kuti.
Parrain d'un afrobeat moderne et classique à la fois, Femi est aujourd'hui l'ambassadeur légitime de ce courant qu'il fait voyager à travers le monde. Pourtant, lorsqu'on lui demande son tout premier musical souvenir musical, ce sont les Beatles qui lui reviennent spontanément à l'esprit. Il se rappelle de sa maman, et de ce disque qu'elle jouait tout le temps, mais dont il ne se rappelle plus du nom. Femi plisse les yeux, se replonge dans son enfance...Ce disque, les Kuti l'ont usé jusqu'à la corde, car par manque de moyens, ils n'en avaient pas beaucoup d'autres à la maison.
Ceci dit, ils avaient un truc pas mal à la maison: un type nommé Fela Kuti. Femi se souvient que toute la famille écoutait du Fela. Du matin au soir. Ils n'aimaient et n'écoutaient d'ailleurs presque rien d'autre. Entre Femi et sa soeur, c'était la compétition, à qui connaîtrait le mieux les paroles et les danses des morceaux engagés du papa Kuti. Une compèt' qui durera pas loin de dix ans!
Femi nous raconte qu'un peu plus tard, son père essaiera de l'initier au jazz, en commençant par Charlie Parker. Première réaction de Femi: "Argh! C'est quoi cette merde?? ça n'a pas de sens, je ne pourrai jamais aimer le jazz". Femi va voir son père: "papa je n'aime pas le jazz". Son père lui explique que s'il veut devenir musicien, alors il va falloir qu'il apprenne à apprécier le jazz. Petit à petit, par étapes, le jeune Femi apprend à apprécier le jazz.
Le premier disque qu'il s'achètera avec son propre argent sera d'ailleurs Moody's Love. Mais pas la version de James Moody! Femi aime les ambiances plus soul de Georges Benson. Son père l'obligera alors à retourner au magasin se procurer la version originale!
Femi connaîtra l'apogée de son amour du jazz avec Things To Come de Dizzie Gillespie. Une section de quinze cuivres! Cinq trompettes, cinq trombones, cinq sax! Forcément, ça parle à un joueur d'afrobeat. Aujourd'hui, sur scène, même s'il n'a "que" cinq cuivres, Femi essaie toujours de rendre l'énergie et la puissance des quinze de Dizzie, se demandant à chaque fois si ses compositions impressionneraient le maître.
A l'école où il allait étant petit, Femi se rappelle que deux clans se livraient une sorte de guerre: les pro-James Brown et les pro-Fela Kuti. Femi subit les railleries des pro-James, gosses de riches, qui se moquent de son papa, à l'époque incarcéré.
Plus récemment, Femi apprécie particulièrement le travail d'artistes comme Mos Def, dont il est un ami, la voix d'Alicia Keys, le flow de velours d'un Common ou les mélodies de la soul sista Alicia Keys.
Quelles sont les influences de ceux que nous aimons? Voilà la question simple à laquelle le Dans les Oreilles d'Isadora Dartial tente de répondre chaque soir du lundi au jeudi, à 19h30.
Les podcasts des émissions précédentes sont à écouter ici. La semaine prochaine, Isadora ira explorer les esgourdes de Léa Drucker (lundi), Dee Nasty (mardi) ou Jules-Edouard Moustic (jeudi).
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