Sharon et la manière forte

adrien gingold - lundi 19 avril 2010
Sharon Jones et ses Dapkings

Sharon Jones doit venir enregistrer son émission à midi mais dès 11h30, déjà, une effervescence particulière se fait sentir à la rédaction de Radio Nova. Tout le monde veut voir la soul sista en vrai et assister aux deux morceaux guitare-voix qu’elle nous a promis.
 
La petite bonne femme ne fait pas plus d’1m60. Elle entre en rigolant et nous explique qu’elle vient de se réveiller ; elle est encore un peu jet-laggée, mais d’excellente humeur.
Casquette sur la tête, blouson en cuir, haut violet à paillettes, la chanteuse originaire d‘Augusta, Georgie, est véritable une petite boule d’énergie ; elle respire la soul. De sa voix forte, elle nous raconte les anecdotes de son voyage, son arrivée à Paris.
 
Avant un live radio, la majorité des invités commence par une balance, histoire d’arranger les instruments et de chauffer la voix; pour Sharon, une bonne lampée de whisky fera l’affaire… Elle se lance d’un coup, comme surgie de nulle part ; la première prise sera la bonne, avec ce sentiment pour nous d’assister à un moment magique, flottant, unique, privilégié.
 
Sharon Jones n’est pas devenue une légende de la soul pour rien. Elle qui n’a commencé sa carrière qu’en 96 a été une des principales influences d’Amy Winehouse (selon les confidences de cette dernière).

 

Sharon Jones et ses Dapkings

Cette carrière tardive a eu l’avantage d’allier un rapport récent et moderne à la musique et à la scène à une maturité et une approche plus traditionnelle, artisanale de l’industrie musicale. Un mélange de profondeur et de fraicheur, de consistance et de légèreté que l’on ressent dans chacun de ses morceaux, inévitablement accompagnés des Dap Kings, collectif de musiciens prodiges de Brooklyn qui représentent presque à eux seuls la soul tradi-moderne new Yorkaise d’aujourd’hui.
 
Dans une autre vie, Sharon a été convoyeur de fonds, surveillante pénitentiaire et même flic ! Elle nous montre en se marrant sa plaque d’agent dans son portefeuille. Aujourd’hui, elle arrive à vivre de sa musique même si, pour celle qui a connu une vie « normale », il n’est pas toujours aisé de se retrouver à vivre en collectivité avec tous ses musiciens, sur les routes, au gré des concerts.
Elle se marre encore, et raconte la fois où ses musiciens ont refusé de voyager pour donner un concert.
 
De toute façon, comme l’indique le titre de son album, Sharon Jones « Learned The Hard Way ». Elle a appris la vie façon vieille école, à la dure. Elle s’est faite toute seule celle qui, plus jeune, se faisait virer des maisons de disque parce que « trop petite », « trop grosse » ou « trop black ». On imagine aisément les cicatrices que cela peu laisser, surtout lorsque l’on a été doté d’un tel organe.

Mais Sharon Jones se marre. Si elle a appris de la manière forte, elle sait aujourd’hui plus que quiconque savourer ce qui lui arrive. Elle reprend une petite gorgée de whisky : c’est bon, là je suis réveillée !

 

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magnifique, fabuleux, jouissif, que dire?........depuis la premiére fois ou mes choux fleurs on reçus la bénédiction de la diva "jones" je ne m'en lasse pas!   quel style!!  merci nova!

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