Unkle par alliance
Mélanie Bauer recevait juste avant l'été James Lavelle, fondateur du label Mo'Wax et du duo Unkle, catalyseur londonien du mouvement trip-hop et abstract hip-hop. En mai est sorti leur dernier opus : Where did the night fall. L'occasion pour James Lavelle de venir se raconter.
Les enregistrements de l'album ont commencé dès 2008, durant une tournée en Australie avant de se poursuivre dans une maison/studio perdue en pleine campagne. Entrecoupé de concert et d'initiatives perso, l'enregistrement a duré plus de 24 mois.
Si au début le duo pensait son album dans une dynamique physique, avec les gens présents, "les choses ont évolué depuis, grâce à Internet, on a plus besoin de rencontrer les gens avec qui l'on travaille." Ainsi Unkle a travaillé avec des artistes émergents de scènes lointaines : Black Angel du Texas, Sleepy Sun de San Francisco ou encore Kathrina Fold de Baltimore.
Les échanges de voix et de prod par Internet se sont multipliés. Une construction mutuelle sans se rencontrer. Avec ces collaborations sans le coûteux voyage en studio, Unkle a pu impliquer les instrumentistes de ces voix.
En faisant intervenir autant de formations différentes, le duo a perdu un peu de son orientation première, davantage hip-hop. Si les couleurs musicales ont changé, James Lavelle dit avoir gardé le modus operandi originel pour la réalisation : "un système de collage". Soit déconstruire un morceau pour le reconstruire en acoustique.
Il admet qu'au début d'une carrière on copie ce qu'on aime sans y parvenir. Et puis petit à petit "on est confronté à ses propres limites et du coup on se met à créer, son propre nom, sa propre musique". Le Britannique ajoute « Plus j’apprends sur la musique, plus je collectionne des disques et plus je me rends compte que rien n’est original. À part peut-être revenir vers des choses comme Beethoven ou les premiers Blues ». Selon lui, le son n'évolue qu'avec la technique. L'idée commune, la musique, restant similaire. Personne ne saurait être original.
Pour cet album en tout cas, Unkle a surpris. Notamment en reprenant des sonorités plus artisanales, comme les percussions, imparfaites. Les sons informatisés parfaits des années 90's, James Lavelle les apprécie chez Björk, mais pour Unkle il souhaite un truc organique, un retour aux machines analogiques. Laisser les imperfections vivre, c'est sa nouvelle lubie. "Admettre des erreurs c’est aussi donner du sentiment à l’album".
On attend le résultat sur scène. Pour bientôt.
Merci à Sybila Guéneau.
Revivez les confessions d'Unkle en podcast ici.
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