Fête des lumières
Sainte Marie Mère de Dieu, j'ai vu la lumière, en ce jour du 8 décembre 2010!
Paroles d'illuminée, ou témoignage sincère d'une déambulation émerveillée et aléatoire dans les rues de Lyon...voici mon récit: Oyez, Oyez, braves gens.
5,4,3,2,1...Zéro: que la lumière soit!...Et la lumière fut, à la fin du compte à rebours énoncé par le Maire lui-même, une incroyable nuée de ballons s'est élevée dans le ciel lyonnais, telle une envolée de colombes pacifistes et gracieuses.
Au dessus de la Place Bellecour, mercredi soir (jour du 8 décembre, jour de l'immaculée conception pour les ignorants laïcs), a eu lieu l'ouverture officielle de la fête des lumières, événement unique de renommée mondiale qui se déroule jusqu'au 11 décembre prochain.
Tous les ans à la même époque donc, la ville est revêtue d'un châle de lumières, et autres lampions magiques.
Surplombant la ville illuminée, on peut voir les lettres de lumières « MERCI MARIE » éclairer la colline de la basilique de Fourvière, en hommage à la Sainte Vierge qui a sauvé Lyon de la peste,en ces temps sombres du Moyen Âge.
Braves gens, ne croyez pas que je vous conte ici un pèlerinage en lieu saint, une belle nuit de Décembre. Bien loin de là.
C'est au contraire la parisienne sus-nommée: « party-girl-hypeuse-reine-des-bons-plans » qui vous parle: la Fête des Lumières, en 2010, bien qu'elle soit issue d'une tradition ancestrale, est aujourd'hui ce qu'a été la révolution industrielle pour le 19e siècle. C'est-à-dire une démonstration d'avancées techniques et d'innovations, tant en termes d'économie d'énergie, (le cabinet d'urbanisme de Lyon en fait une priorité), qu'en ce qui concerne la créativité et l'esthétisme visuel.
Des architectes, plasticiens, vidéastes, infographistes, urbanistes et autres freaks imago-philes, transforment la ville, l'habillent et la détournent dès la nuit tombée, et jettent le chaland dans un grand parcours onirique.
Levez le nez en l'air, pour une fois, on vous l'demande. Vous croiserez des formes vaporeuses qui tournoient comme des bouffées de fumée aphrodisiaque; ou une Fée-Ballon, suspendue par un fil imaginaire qui descend majestueusement le long d'un drap de soie (c'est un peu la spécialité de la région).
Et déjà, la Compagnie Carabosse et ses êtres mi-bulle, mi-lumière, s'éloignent sur des airs d'accordéon électro-folkloriques en poursuivant leur voyage vers de lointaines contrées fantasmagoriques...
Imaginez un instant débarquer au milieu de tout ça, après une interminable nuit d'insomnie: il est tout simplement impossible de dissocier le rêve de la réalité!
Mon installation préférée: Le “Monument Air“ sur l'Eglise Saint Nizier: une œuvre de Morphing vidéo qui semble se moquer du temps qui passe, et l'étire ou le raccourcit comme une guimauve, sur des sons qui voyagent entre mécanismes matriciels et Minimale Berlinoise!
Le pieux monument opère, sous vos yeux ébahis , une mue à la fois métallique et végétale, et finit par s'envoler tel “Un château dans le ciel“(l'installation est directement inspirée de l'œuvre cinématographique du Japonais Hayao Miyazaki.
Aussi surement qu'une apparition sous LSD, je suis repartie clopin-clopant vers d'autres incandescentes hallucinations...mais plus tout à fait la même.
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