Le Cherche Bonheur
Marie Arquié
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mercredi 26 octobre 2011
John et Ella sont vieux, avec tout ce que la vieillesse peut avoir de franchement désagréable. Le corps d’Ella est malade, John c’est son esprit, sa mémoire qui a fichu le camp. Mais la vieillesse c’est aussi la liberté.
Désobéissant à tous, ils prennent une dernière fois la route dans leur camping-car « Le Cherche-bonheur » pour s’offrir des vacances loin de la réalité. Deux vieux qui s’évadent de la prison des conventions liées à la décrépitude. Bonnie & Clyde de la condition humaine..
Ella est la mémoire de John, John est le corps d’Ella. Cet hybride amoureux fait le trajet de Détroit à Disneyland en empruntant une route 66 elle-même ridée, oubliée par les usagers de la voie rapide, dégagée de l’utile.
C’est une facette des Etats-Unis que la prose douce amère de Michael Zadoorian traverse par les snack-bars fanés le long des routes désormais secondaires, par les musées désertés, emplis comme un débarras d’objets conservés, marque d’un passé sans gloire.
Comme ce couple moyen, normal, qui à la nuit tombée, dans des campings sans charme, projette sa vie à coup de diapositives pour se la rappeler, Michael Zadoorian se fait archéologue d’une culture populaire rouillée, d’une nostalgie de proximité, d’une Histoire à échelle humaine.
Un road trip poétique qui ne sombre jamais dans un pathos que l’on pourrait redouter. La vieillesse est trop vieille pour le pathos. Il lui reste le rire, dernière arme pour faire un peu peur à la peur, et l’amour pour dire merde à l’oubli.
"Le Cherche-Bonheur"
Michael Zadoorian
Marie Arquié
Lire un extrait de "Le Cherche Bonbheur" de Michael Zadoorian
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