Extérieur, Nuit de Jacques Bral
Paris, la nuit. Un saxophoniste un peu loser, un vieux pote écrivain et une femme chauffeur de taxi. Et puis aussi des plans foireux et des envies d’ailleurs.
En 1980, Jacques Bral réanimait le film noir à la française avec Exterieur nuit. Une balade qui sonnait jazzy mais racontait plus le blues des heures grises, celles où tout ressort, où on peut s’afficher à fleur de peau.
Exterieur nuit, c’est Jules et Jim dans les cendres de la fête de mai-68, l’errance d’un panel d’une génération larguée éclairée par les néons de la ville et les petits matins brumeux.
Trente ans plus tard, Extérieur nuit a gardé son côté râpeux, il va bien à l’époque actuelle. La gouaille d’un Gérard Lanvin débutant et la part farouche d’une Christine Boisson encore mieux. surtout quand comme pas mal de gens aujourd’hui, ils se heurtent à une vie qui donne la gueule de bois.
Le Pialat de Loulou sur le siège passager, Cassavetes sur la banquette arrière le Godard des débuts dans le rétroviseur, Exterieur nuit reste à part dans le paysage français, embrasant un spleen urbain par l’incandescence de son trio de paumés magnifiques au volant d’un film qui pose le permis de conduire pour y préférer une licence poétique restée depuis au péage d’un cinéma d’auteur français qui ne sait plus filmer la nuit.
EXTERIEUR NUIT, De Jacques Bral
En salles le 27 janvier 2010.
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