L’ILLUSIONISTE, De Sylvain Chomet
Jacques Tati en héros de dessin animé ? C’est l’étrange proposition que fait L’illusionniste, le nouveau film de Sylvain Chomet. Tati, le roi de la comédie avait laissé un scénario dans ses tiroirs. Trop sombre, trop personnelle, cette histoire de magicien errant de cabaret en cabaret dans des années 60 lui préférant les groupes de rock.
Chomet l’a exhumée pour accompagner cet illusionniste sur les chemins de traverse de la vie, ceux qui amènent à rencontrer une fille qui va devenir adoptive par procuration. Dans le chapeau de Chomet, pas de lapin, mais bien un double-fond, celui qui fait communiquer la mélancolie sépia du réalisateur des Triplettes de Belleville et le regard de Tati sur des sociétés en mutation, poussant l’humain sur le côté.
Le plus beau des tours de magie de l’Illusioniste est de ne pas confondre nostalgie et sentiments, pour raconter finalement sous des airs de fable doucereuse, une éternelle histoire de transmissions de valeurs entre générations.
On ne saura jamais ce que Tati aurait pu faire de son scénario, on sait que Chomet en a fait un film des plus émouvants quand il persiste à croire que la magie du cinéma, d’hier ou d’aujourd’hui peut malgré tout humaniser le monde.
L’ILLUSIONISTE, de Sylvain Chomet
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